La brit(t)onicitas, si du moins elle existe, ne saurait se réduire aux possibles «brit(t)onismes» supposés parsemer la production hagiographique bretonne continentale, dont la recherche s’est révélée au demeurant assez décevante, ni même à la fameuse garrulitas britannica, qui rend confusa et conséquemment pesantes à leurs lecteurs (ut legentibus fierent onerosa), les gesta de saint Paul Aurélien, comme le déplore au XIe siècle Vital, moine de Fleury, dans la préface de sa réfection de l’ouvrage daté 884 de son lointain prédécesseur, Wrmonoc, moine de Landévennec : cette définition d’un «genre d’expression inusité, qui détournait de la lecture jusqu’aux gens d’études eux-mêmes» (inauditum locutionis genus quoque studiosos a lectione summovebat) a été jugée généralement assez exacte, quoique sévère.

Au-delà de la formule, qui a fait largement florès, c’est la préface de Vital dans sa totalité qui doit être prise en considération, car elle donne à voir en lui le type même du connaisseur de la brit(t)onicitas, qui s’efforce, avec un incontestable savoir-faire, d’en lisser les aspérités les plus saillantes : ce qui paraît impliquer que nous avons affaire tout à la fois à un Breton et à un véritable écrivain ; mais, pour autant, faut-il reconnaître dans cet auteur l’hagiographe de Gildas, comme l’ont soutenu successivement des chercheurs tels que Theodor Mommsen, Ferdinand Lot, et plus récemment John M. Howe et Bernard Tanguy ? François Duine autrefois, Bernard Merdrignac et Joseph-Claude Poulin depuis, ont montré beaucoup plus de circonspection quant à une telle identification, que certains aspects stylistiques, en dehors même de toute référence au «latin brit(t)onique», incitent à révoquer en doute.

La brit(t)onicitas existe-t-elle en dehors des imprécations de ses contempteurs ? C’est à cette question que le présent blog, à la suite des travaux de nombreux spécialistes, ambitionne d'apporter, sous forme exemplaire, quelques réponses particulières puisées aux sources hagiographiques de la Bretagne continentale.



mardi 21 août 2018

P(o)enititium (Peniti) : le mot et la chose



Nous avons souligné naguère que certains termes employés par l’hagiographe de Goulven nous paraissaient de nature à conforter l’hypothèse que cet ouvrage avait été composé par l’auteur de la vita de Goëznou[1] : « ainsi en est-il notamment du mot penititium, dont les deux seules attestations fournies par Du Cange ont d’ailleurs été tirées par ce dernier des vitae concernées ; ce mot paraît ainsi avoir été manifestement construit par l’hagiographe sur le breton peniti, qui étymologiquement signifie ‘’maison de pénitence’’, même si la réalité correspondante demeure finalement assez mystérieuse »[2]. Il nous a semblé utile de revenir de manière spécifique sur cette question.
Dans un article[3], hélas posthume, ce qui a privé la communauté scientifique d’éventuels approfondissements, René Largillière a conclu de l’examen des différents lieux et sanctuaires qui, en Basse-Bretagne, portent le nom de peniti, que ce terme avait principalement servi, au Moyen Âge central, à désigner des chapelles rurales[4], comme le confirment les saints concernés, en particulier la Vierge pour quatre d’entre eux (cinq en comptant le peniti de Notre-Dame de Berven, omis par Largillière), ainsi que Jean et Laurent[5] ; de plus, Largillière a fait remarquer que plusieurs de ces chapelles avaient tardivement fait l’objet d’un récit des origines, qui prétend rattacher le peniti en question à quelque saint autochtone : ainsi, sous la plume de Gui-Alexis Lobineau qui a manifestement subi l’influence de  la vita de Goulven, c’est le cas du peniti de Paul Aurélien sur l’île de Batz et de celui de Guénolé à Landévennec[6]. Les différentes conclusions de l’étude de Largillière restent très largement valides  et témoignent une nouvelle fois de la pénétration et de la fécondité des hypothèses énoncées par ce chercheur au cours de sa trop brève carrière.

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Depuis, le sujet n’a reçu que des éclairages partiels, obliques, liés principalement à la thématique du minihi[7], à laquelle s’était d’ailleurs aussi intéressé Largillière[8] : il semble avoir existé en effet, entre peniti et minihi, un rapport qui, pour l’essentiel, tenait aux circonstances de leur fondation, telles du moins qu’elles ont été rapportées dans plusieurs vitae de saints composées au Moyen Âge central. Ainsi, distinct du peniti antérieur, mais à proximité, c’est d’un projet de « monastère pour Dieu », dans lequel seront institués les « ministres » de Son culte, dont parle la vita de Goëznou[9] (cum vir dei Goeznoveus spiritu sancto afflatus monasterium Deo et ministris ejus, quos in eo instituere proponebat, aedificare desideraret) ; quant à la vita de Goulven[10], elle évoque, à travers les paroles que le saint adresse à Even, l’édification d’une « église », elle aussi distincte du peniti et qui, là encore, servira à l’institution d’ « hommes religieux » chargés de prier pour le prince et  toute la Chrétienté (aedifica ecclesiam in qua instituantur viri religiosi prope penititium meum ut ibi orent pro te et pro universis christianis) : les « ministres de Dieu » verront assigner à leur entretien un certain bien fonds (terra […] ministris Dei ibi constitutis ibidem assignata), en l’occurrence le terroir boisé qui entoure le peniti (terram autem illam nemorosam que penititio meo circumadjacet ad sustentationem concedes). Dans les deux cas, ces communautés de prêtres, dont le statut n’est guère explicite, témoigne de la volonté de l’hagiographe, à l’occasion de son récit de la fondation du minihi, de faire entrer le peniti dans un processus de « normalisation », laquelle pourrait s’avérer au demeurant tout aussi bien canoniale que monastique. Ogée, dans son Dictionnaire de Bretagne indique que la paroisse de Goulven, qui porte le nom du saint, « est un prieuré qui est présenté par l’évêque »[11] ; mais faut-il comprendre que cet établissement était une dépendance de la mense épiscopale ? Par ailleurs, l’un des trois membres du fief, ou régaire, des évêques de Léon avait son siège au XVIIe siècle au bourg de la paroisse de Gouesnou, dont la cure aurait en outre été érigée en aumônerie[12] (comprendre sans doute que l’aumônier de l’évêque disposait des revenus curiaux).

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On note ainsi, à la lecture de ces textes, que le minihi, plus étendu, peut inclure dans ses propres limites le territoire d’un peniti, plus ancien : compte tenu de cette proximité, le peniti contribue alors à la localisation du minihi et parfois même sert à délimiter une partie de son tracé ; mais pour autant peniti et minihi sont toujours distingués l’un de l’autre et surtout peuvent exister l’un sans l’autre. Mickaël Gendry, qui a recherché les attestations du terme minihi dans les plus anciennes chartes bretonnes, celles de l’abbaye de Redon, note que « la définition de P. Delabigne-Villeneuve qui voulait associer un ermitage ou peniti au minihi ne vaut donc pas pour le Cartulaire de Redon. La notion de droit d’asile de même que les troménies (ou tour du minihi) qui seront de plus en plus associés au terme n’y figurent pas non plus »[13].  En tout état de cause, la réalité fluctuante que recouvre au Moyen Âge le terme minihi revêt avant tout la dimension d’un bien fonds appartenant à une communauté monastique. Les tentatives d’identification avec le peniti sont en général la résultante d’extrapolations, voire de confusions, comme c’est également le cas, sur des bases homophoniques cette fois, entre minihi et manati : ce dernier terme, « maison du moine », sans rapport direct avec minihi, pourrait-il désigner une réalité proche de celle du peneti ? Nous l’examinerons rapidement ; mais incontestablement le terme dezerdi, « maison du désert », ainsi que le mot dezert, dezerz, à partir duquel il est formé, paraissent offrir un champ de recherches bien plus important[14].


I
Une vingtaine de localités conserve le souvenir toponymique ou archéologique du terme peniti[15]. Même s’il est impossible d’affirmer que la liste en est complète, d’autant qu’il y a quelque hésitation entre Loctudy et Plovan, s’agissant de la localisation du Penity Sant Guido, mentionné par Grégoire de Rostrenen[16], la répartition géographique de ces différentes localités, qui, naturellement, doit être rapportée aux anciens évêchés bretons, témoigne d’une remarquable homogénéité, eu égard à la superficie respective des trois diocèses les plus occidentaux de la péninsule : onze d’entre elles étaient en effet situées dans l’évêché de Cornouaille, le plus étendu, et dans ceux de Tréguier et de Léon, de taille beaucoup plus comparable, il s’en trouve respectivement quatre et trois ; quant à l’unique localité vannetaise concernée, elle est située à l’ouest de son ancien diocèse, ce qui relativise son excentration. Par ailleurs, il faut inclure dans cette liste plusieurs annexes de sanctuaires, comme c’est le cas à Locronan, par exemple, avec la chapelle du Pénity accolée à l’église Saint-Ronan, ou bien à Plouzévédé, avec l’oratoire du Pénity, « accroché » à la chapelle Notre-Dame de Berven, ou bien encore sur l’île de Batz, la chapelle Notre-Dame du Pénity, aujourd’hui disparue, située autrefois dans le cimetière de l’ancienne église Saint-Paul Aurélien.

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D’après l’hagiographe de Goulven, le terme breton peniti, qui s’applique à une « maisonnette quadrangulaire en forme d’oratoire », signifie « maison de pénitence », ou « maison du pénitent » : domunculam quadrangulam in formam  oratorii, quae lingua Britonum peniti dicitur, hoc est poenitentiae vel p[o]enitentis domus. A l’instar d’abbati, chapalendi, escopti, prioldi, apparemment  formés à l’identique avec la postposition du mot ti, « maison », qui est un indice assez sûr de leur ancienneté[17], peniti (< *penet-ti) appartient au vocabulaire ecclésiastique de la Basse-Bretagne[18] ; mais, si on trouve abbaticium mentionné au Xe siècle dans une charte de Landévennec[19], attestation au demeurant unique, chapalendi, escopti ou prioldi quant à eux, de même que d’autres hybrides latin-bretons, sans rapport avec l’institution ecclésiale, tels que laedti, maerdi, etc., n’ont fait l’objet d’aucune tentative de latinisation, pas plus d’ailleurs que les autres termes strictement d’origine bretonne, dans lesquels ti est également entré en composition (kanndi, klandi, leandi, manati, etc.). En outre, s’agissant de  l’origine du gallois penyd, équivalent du breton penet, Joseph Loth  indique que ce mot « ne vient pas de poenitentia. Il peut à la rigueur venir d’un substantif de la langue ecclésiastique apparenté à poenitet, paenitet, *penitio d’après punitio ? Peut-être est-ce tout simplement un emprunt à l’irlandais pennait (cf. cerbyd chars, emprunté à carpait) »[20].  Cette dernière référence impose de signaler l’existence en Irlande de petites constructions désignées comme d’anciens oratoires, par exemple à Okyle (comté de Waterford), et appelées en Irlandais moderne dairtheach, terme dont l’étymologie, littéralement « maison de chêne » [21], a souvent été interprétée autrefois « maison des larmes », deartheach ; d’où le sens de « maison de pénitence », domus poenitentiae, qui lui a été attribué rétrospectivement par plusieurs auteurs[22]. On trouve, dans une pseudo-charte de l’abbaye de Landaff, au pays de Galles, une formulation très similaire (domus orationis et poenitentiae), qui de surcroît associe cette « maison de prière et de pénitence » au « locus épiscopal » (episcopalis locus)[23]. Ces points de contact insulaires restent malgré tout assez modestes et ne nous renseignent pas plus sur le peniti breton que d’autres pistes, par exemple celle qui concerne le terme penedes, penetes en Catalogne ; ou bien la mention, dans la vita de Guillaume de Verceil [BHL 8924], ermite et fondateur de l’abbaye et de l’ordre de Montevergine, en Campanie, de la fontaine que le saint avait creusée de ses mains et de sa cellula où il se livrait fréquemment aux prières sacrées (haec autem cellula in qua sacras actitabat orationes non multum distat a fonte quem sibi manibus effoderat) et qui pour cette raison avaient retenu son nom (fons enim et poenitentiae domus sancti Guilielmi dicitur) : il faudrait citer tout le passage, que l’on pourrait croire emprunté à la vita d’un saint breton ! En tout état de cause, le mot poenititium ne résulte pas d’une pratique généralisée dans les textes hagiographiques ou diplomatiques de la Bretagne médiévale : au contraire, eu égard à son utilisation dans seulement deux textes hagiographiques qui, par ailleurs, présentent entre eux une grande proximité structurelle[24], son caractère exceptionnel doit être conséquemment interprété comme la véritable « marque » d’un auteur ; de plus, c’est à cet écrivain que nous devons l’étymologie du mot concerné, laquelle en oriente l’acception.

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Dans la vita de Goulven, le peniti prend  des allures de reclusoir, puisque le saint s’y enferme (sanctus igitur Golvinus intra septa poenititii sui se inclusit) ; et ce dernier, comme dans le cas des reclus, reçoit sa nourriture de l’extérieur (acquirens ei externos cibos). Pour autant, Goulven n’apparaît pas véritablement confiné : chaque jour, empruntant un itinéraire forestier de trois stades de tour, il effectue une sorte de procession, comprenant trois stations (nunquam a suo poenititio discedebat nisi semel in die quasi processionem faciens in circuitu per nemus itinere trium stadiorum. In qua processione tres stationes faciebat). On aura noté l’utilisation répétée du mot p(o)enititium qui, au total, figure à six reprises dans la vita : ce terme a donc été forgé à dessein par l’hagiographe pour « traduire » le breton peniti qui, en conséquence, existait déjà dans la toponymie locale à son époque. Les éléments apportés par la vita de Goëznou s’avèrent moins détaillés, compte tenu de l’état fragmentaire dans lequel ce texte nous est parvenu ; mais l’hagiographe confirme que le peniti est avant tout un « oratoire » (quod oratorium hodie dicitur poenititium sancti Goeznovei) et souligne sa dimension érémitique : le saint avait en effet édifié cet oratoire dans un bois, près d’un ruisseau, en un lieu appelé la Lande (aedificavit oratorium in quodam nemore juxta rivulum quendam in loco qui Landa tunc temporis dicebatur) ; lande et  bois que, par goût de la chasse, un puissant de la région, le fameux Commor, fréquentait avec plaisir, à cause de la grande quantité de gibier qui s’y trouvait (qui venandi studio landam et nemus […] propter ferarum copiam quae ibidem habebatur frequentare gaudebat).
Dans les deux cas, l’hagiographe souligne que le lieu solitaire où s’était retiré le saint est situé à la même distance, soit quatre milles, d’une ville d’importance, respectivement Lesneven, s’agissant de Goulven, et Brest, s’agissant de Goëznou ; dans les deux cas, il nous montre le comte dont l’autorité s’étendait sur la contrée, respectivement Even et  Commor, entrer en contact sur un mode déférent avec le saint : leurs noms, à l’instar de ceux de Goulven et Goëznou, en tant qu’évêques de Léon, devaient conséquemment figurer dans les listes des titulaires du pouvoir local (re)constituées par l’hagiographe, ce qui témoigne chez cet auteur d’un véritable projet historiographique. En tout état de cause, le parallèle des situations des deux saints s’avère encore renforcé par les circonstances similaires de la fondation d’un minihi, à côté de leur peniti respectif : dans les deux cas en effet, la délimitation du territoire concerné résulte d’un « arpentage miraculeux », motif littéraire exploité de manière similaire hors de Bretagne par le second hagiographe de Fiacre[25], et qu’il convient peut-être de rapprocher du mythème de la fourche du Dagda[26],  même si l’hagiographe léonard a pu aussi bien recycler, évidemment à son insu, « une ancienne tradition continentale gauloise osisme », ou encore « un fonds mythologique brittonique local »[27].


II
« La vie latine de saint Goulven, reproduisant une tradition populaire, a expliqué que le nom de Pénity-Goulven venait de ce que saint Goulven avait vécu en ce lieu dans la retraite et la pénitence. Il ne faut pas trop se laisser influencer par ce texte », écrit prudemment Largillière, avant de concéder laconiquement que « l'explication pour ce penity peut être juste ». Si une telle « tradition populaire » existait à l’époque de l’hagiographe, quelles que soient par ailleurs les circonstances qui avaient présidé à son élaboration, elle mérite un examen plus approfondi : comment en particulier, d’après ce témoignage traditionnel, « fonctionnait » un peniti  et quelles « pratiques » le caractérisaient.

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A la lecture des vitae de Goulven et de Goëznou, la dimension d’oratoire apparaît hypertrophiée : sur place, Goulven, nuit et jour, s’épanche en prière, infatigablement et continuellement, pour le salut de toute la Chrétienté (ubi pro salute totius christianitatis indefessas et continuus orationes nocte dieque profundebat) ; l’hagiographe ajoute que le froid ne se faisait jamais sentir en ce lieu,  que le vent n’y pénétrait pas, bien que la porte en restât toujours ouverte, permettant ainsi aux hommes d’y entrer quand ils voulaient prier, tandis que le sexe féminin s’en tenait éloigné (frigus enim nunquam sensitur, ventus licet aperto ostio non intrat, faemina quaelibet procul abscedit, viri tamen introeunt quandocunque volunt orandi causa). Dans la vita de Goëznou, c’est Commor qui, informé de la renommée du saint, obtient par faveur, après l’en avoir supplié, de devenir son compagnon de prière  (Comorus igitur comes audita viri sancti fama, ejus orationis particeps pia supplicatione et beneficio effectus est).
On pourrait donc supposer que le peniti, n’était son interdiction aux femmes qui est l’indice du souvenir de son appartenance au monde régulier, constitue la « maison de prière » par excellence, le *ti-pedi, dont on a cherché fallacieusement une illustration à l’île de Tibidy[28]. En 1641, il est question dans un aveu à Mgr Cupif, évêque de Léon, d’un rocher dit Roch-ar-Bedy, situé à proximité de Notre-Dame du Pénity sur l’île de Batz[29]. En fait, on apprend à la lecture de la vita de Goulven qu’il existe, distinct du peniti, un lieu destiné à permettre l’expression de la dévotion populaire à l’égard du saint et qui est explicitement désigné domus orationi, « maison destinée à la prière » : bâti par la dévotion des fidèles à la mémoire de Goulven au lieu même de sa naissance, on y voyait encore à l’époque de l’hagiographe, selon les dires de celui-ci, les malades recouvrer les bienfaits de la santé par l'intervention du Seigneur et s’accomplir à cette occasion d'assez nombreux miracles, et ce, bien que les offices ecclésiastiques n'y fussent pas célébrés (sed et supra Odenam supradictam fidelium devotio domum orationi construxit in memoria illius qui in ea natus est, ubi usque hodie infirmis, licet ecclesiasticis non frequentetur officiis, Domino operante sanitatis beneficia conferuntur, et miracula quamplurima patruntur). 

Par ailleurs, lors de sa quasi-procession quotidienne, Goulven effectuait, comme on l’a dit, trois stations où, là encore,  il s’attardait assez longtemps dans la prière (in qua processione tres stationes faciebat, in quibus aliquandiu orandi studio morabatur) : pour renforcer l’effet de réel, l’hagiographe indique qu’à ces trois stations étaient dressées trois croix, une pour chacune, lesquelles, avec un énorme amoncellement de pierres, existaient encore à son époque et étaient appelées les ‘’Stations de saint Goulven’’  (Nunquam a suo poenititio discedebat nisi semel in die quasi processionem faciens in circuitu per nemus itinere trium stadiorum. In qua processione tres stationes faciebat, in quibus aliquandiu orandi studio morabatur. Et in illis tribus stationibus tres cruces fixae erant singulae in singulis, quae cum immenso lapidum cumulo usque in hodiernum diem existunt et dicuntur ‘’Stationes sancti Golvini’’). La tradition locale conservait, au XIXe siècle encore, le souvenir de l’itinéraire emprunté quotidiennement par le saint : « ces trois croix, éloignées l’une de l’autre de sept minutes de marche, formaient entre elles un triangle ; on les retrouve encore sur les lieux. La première s’appelle Croaz-Prat-ar-Vern, la seconde Croaz-a-Draon et la troisième Croaz-ar-Gouerven »[30]. Quant à l’« énorme amoncellement de pierres », il s’agit peut-être d’une allée couverte, comme celle qui se voit à Creac’h Gallic. 

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Définir le peniti, c’est le mettre en rapport avec le mode de vie de son occupant : même si la solitude du saint apparait relative, d’autant plus que, dans le cas de Goulven, il est secondé par un serviteur, ou mieux un « compagnon » (famulus quidam unicus nomine Madenus sive, ut verius loquar socius quem habebat), la façon dont « fonctionne » le peniti s’inscrit apparemment dans une logique érémitique ; mais, comme le souligne dom Jacques Dubois, « on passait alors facilement de la vie cénobitique à la vie érémitique et vice versa. Distinguer la vie quotidienne de deux moines d'un prieuré de celle d'un ermite et de son socius, est à peu près impossible »[31]. Ce doit être à peu près la même nuance que celle conservée respectivement par manati et dezerdi.

Le premier terme, pour lequel « moinerie » parait l’équivalent français dans la toponymie, désignait une dépendance monastique, – une « grange » si l’on adopte le vocabulaire cistercien, qui paraît en l’occurrence le mieux adapté, car manati se rapporte presque toujours aux biens des religieux de cet ordre en Bretagne – dépendance dont l’éloignement obligeait à ce qu’elle fît l’objet d’une surveillance locale : on en a un exemple avec les possessions trégoroises de l’abbaye du Relec, contrôlées à partir du lieu-dit le Manac’hty, dans la commune de Plufur, situé à une trentaine de kilomètres du monastère, dans la commune de Plounéour-Ménéz. Sans doute s’agissait-il pour ceux qui étaient chargés de cette surveillance de courts séjours, propres néanmoins à un ressourcement, en les ramenant aux « fondamentaux » du monachisme, surtout si cet exil momentané était vécu comme une sorte de pénitence. C'est dans ce sens que le terme manati pourrait être, sinon assimilé, du moins rapproché du peniti tel qu’il est décrit dans l’hagiographie ; mais il faut être prudent à l’égard de ce genre de représentations, qui figurent principalement sous la plume de commentateurs du XIXe siècle. Ainsi, quand Eugène Viollet-Le-Duc écrit, s.v. « grange » dans son célèbre Dictionnaire raisonné de l’architecture française, « ces centres de provisions de grains et de fourrages étaient occupés par des moines que l’on détachait temporairement dans ces établissements isolés au milieu des champs, par suite de quelque faute, et pour faire pénitence »[32], il faut se souvenir que les fonctions de « maître de grange » chez les moines blancs étaient en fait tenues par des convers, même s’il a pu exister des exceptions, comme le rappelle dom Dubois :
« Les pancartes de la Ferté ont gardé le nom de deux maîtres de grange : après 1162, Guillaume de Toulon, maître de la Valotte, et, vers 1169, Duran maître de Clux. Ce dernier est clairement qualifié convers, mais le premier était un moine. Cela le rapproche des moines clunisiens, remplissant les fonctions de doyen, mais d'après la réglementation cistercienne, un moine ne pouvait résider hors du cloître et donc remplir les fonctions de maître de grange à la Valotte, qui est distante de l’abbaye de plus de quarante kilomètres »[33]

L’abbaye trégoroise de Bégard de son côté détenait des biens au lieu-dit Manaty, dans la commune de Louargat ; mais, au-delà des contraintes réglementaires qui viennent d’être rappelées, la proximité du monastère, à quelques huit kilomètres de là, ne permet guère d’envisager l’obligation pour les religieux de séjourner sur place[34].

S’agissant du terme dezerdi, comme par exemple dans le cas de Nézerdy, hameau de la commune de Plouyé, non loin du sanctuaire de Saint-Herbot, la proximité de sens avec peniti est en revanche manifeste, à l’instar de la proximité géographique, une dizaine de kilomètres, entre Nézerdy et le lieu-dit Pénity-Saint-Laurent, dans la commune de Plouyé : cette « maison du désert » est en effet par définition la cellule de l’ermite, de celui qui s’est « retiré au désert » ; d’ailleurs à Goulven on trouve, à moins de cent mètres du peniti du saint, un lieu-dit le Désert. Les « déserts » des ermites bretons, dont la toponymie a gardé le souvenir[35], ne sont pas de sable ou de pierre, mais de forêts et de landes et leur histoire reste à écrire. Longue histoire, au demeurant, car, avant que la Bretagne ne connaisse aux XIe-XIIe siècles,– notamment sur ses limites avec la Normandie, le Maine, l’Anjou et le Poitou, mais aussi dans l’ouest du duché, comme on le voit avec le cas de Robert de *Locunan, futur évêque de Quimper (1113-1130)[36], – une importante vague érémitique qui a certainement imprégné les mentalités et inspiré certaines des œuvres hagiographiques produites à cette époque, on peut préconiser, au IXe siècle, en rapport avec des monastères plus ou moins lointains, de Bretagne ou d’ailleurs, l’existence de véritables colonies d’anachorètes comme celle qui parait avoir été établie sur le versant sud des Monts d’Arrée, aux confins de deux immenses paroisses : d’une part, Plouyé, qui sans doute intégrait à cette époque Plonevez-du-Fou et ses futures trèves, ainsi que le territoire de Landeleau ; d’autre part, la « paroisse de la  montagne », plebs montis, encore attestée vers 1330, démembrée peu après cette date[37]. C’est là, « dans les régions reculées de la Bretagne » (in extremis partibus Britanniae), que le moine ermite Gerfred, –  dont Guy Jarousseau est brillamment parvenu à retracer la longue et riche carrière, achevée au sein de la communauté de Saint-Maur-sur-Loire[38], – avait vécu pendant vingt années, en compagnie du prêtre Fidwethen, en un lieu appelé silva uuenoc, aujourd’hui Coat-Guinec, dans la commune de Huelgoat[39]. Le terme desertum, dont on a déjà signalé les vestiges toponymiques dans les communes de Plouyé, à proximité de Coat-Guinec, et de Loqueffret[40], étant entré dans le vocabulaire du gaulois avant de passer dans celui du breton[41], on peut supposer que, dès l’époque des premiers ermites connus en Gaule (IVe-VIe siècles)[42], la partie occidentale de la péninsule armoricaine n’était pas restée à l’écart de ce mouvement : c’est la raison pour laquelle il est extrêmement tentant d’identifier, comme l’a proposé Tanguy, après s’être livré à une analyse particulièrement subtile du passage des Miracula de saint Maur, ouvrage composé par l’abbé de Glanfeuil, Odon, en 869, où il est question de Gerfred, d’identifier l’éponyme de Coat-Guinec, avec l’anachorète breton Winnoc[43], dont Grégoire de Tours nous a raconté la pitoyable destinée[44].  

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De cette analyse discursive, qui ne prétend nullement démontrer un système, il nous semble possible de retenir les quelques éléments suivants :
- Comme l’a indiqué Largillière, le toponyme peniti, à l’instar de lok ou mouster/moustoir, mais à une échelle moindre, a probablement servi à désigner, au Moyen Âge central, cette réalité nouvelle que constituait la chapelle rurale.
- Le succès modeste mais incontestable du terme peniti a été renforcé par le détournement de sens dont se sont rendus responsables certains hagiographes qui ont cru y reconnaître la réalité d’ermitages plus anciens, désignés quant à eux dezerdi, ou plus simplement dezert : ainsi en est-il de l’auteur des vitae de Goëznou et de Goulven, à qui l’on doit par ailleurs l’hapax p(o)enititium.
- Cette antériorité supposée du peniti s’est appliquée également à l’égard du minihi, alors que ce dernier terme apparaît dans la documentation dès le IXe siècle ; cependant, il faut souligner que des entités encore désignées minihi ont été créées jusqu’au début du XIIIe siècle au moins, comme il se voit par exemple en 1202 dans la charte de fondation de l’abbaye prémontrée de Beauport[45], c’est-à-dire sans doute plus tardivement encore que certaines chapelles rurales appelées peniti.
- Enfin, les hagiographes bretons de l’époque moderne, Le Grand et surtout Lobineau, ont subi l’influence du « modèle » représenté par le peniti de Goulven, tel que décrit dans la vita de ce dernier, « modèle » qu’ils ont transposé à ceux de plusieurs autres saints ; au passage, Le Grand a cru pouvoir reconnaître dans le monastère de Pental (locum illum Pentale, seu Pentaliense monasterium), commune de Saint-Samson-de-la-Roque, département de l’Eure, le « Peniti saint Samson, c’est-à-dire le lieu de pénitence de saint Samson »[46], qui d’ailleurs n’est pas autrement signalé dans les différentes vitae du saint  : cette hypothèse est aujourd’hui totalement abandonnée. Au demeurant, comme l’a souligné en son temps Largillière, « si l'on pouvait vérifier l'hypothèse Pental = Poenitale, on aurait la preuve que l'emploi de penity pour désigner un oratoire est ancien en breton ; mais cela n'établirait pas que le pénity soit la maison de retraite et de pénitence d'un saint ; le sens étymologique a abandonné le mot ; combien de nos ‘’ermitages’’ sont loin d'être érémitiques ! »[47].



André-Yves Bourgès







[1] André-Yves Bourgès, « Saint Goulven à Bouvines : à nouveau Guillaume le Breton et l'hagiographie bretonne », J.-C. Cassard (+), P.-Y. Lambert, J.-M. Picard et B. Yeurc'h [dir.], Mélanges offerts au professeur Bernard Merdrignac, Landévennec, 2013, p. 75-81 (Britannia monastica, 17).
[2] Ibidem, p. 77.
[3] René Largillière, « Pénity », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 57 (1930), p. 18-30.
[4] Ibidem, p. 29-30.
[5] Ibid., p. 30.
[6] Ibid., p. 22.
[7] Bernard Tanguy, « La troménie de Gouesnou. Contribution à l'étude des minihis en Bretagne », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 91 (1984), n° 1, p. 9-25 ; A.-Y. Bourgès, « Minihy-Briac, Bourbriac et Saint-Briac. Étude sur les limites des lieux placés sous l’invocation de saint Briac dans le diocèse de Tréguier au Moyen Âge », Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, t. 112 (1984), p. 21-43 ; Joël  Hascoët, Les troménies bretonnes. Un mode d'anthropisation de l'espace à l'examen des processions giratoires françaises et belges, 3 volumes, Brest-Charleroi, 2010 (thèse de doctorat de l’Université européenne de Bretagne) [en ligne : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00550144; Mickaël Gendry, « Les minihis en Bretagne entre le ixe et le xiie siècle : des territoires monastiques sacralisés ? », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 117 (2010) n°2, p. 25-55.
[8] R. Largillière, « Le Minihi Briac », Mélanges bretons et celtiques offerts à M. J. Loth, Rennes-Paris, 1927, p. 99-107 ; Id., « Les Minihys », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. 8 (1927), p. 183-216. 
[9] Victor De Buck, « De SS Gueznoveo, Tugdonio, Majano et Tugdonia », Acta Sanctorum Octobris, t. 11, Paris, 1870, p. 686-692 ; A. de la Borderie, « L'historia britannica avant Geoffroi de Monmouth et la Vie inédite de saint Goëznou », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 9 (1882), p. 225-246 ; Claude Sterckx et Gwénaël Le Duc, « Les fragments inédits de la Vie de saint Goëznou », Annales de Bretagne, t. 78 (1971), n°2, p. 277-285.  Nous donnerons prochainement une édition commentée des vestiges de la vita de Goëznou à partir de leurs manuscrits et de leurs éditions antérieures : c’est de ce travail en cours que sont extraits les passages cités dans la présente étude.
[10] Nous suivons ici la dernière édition en date de la vita Golvini, donnée par Y. Morice, « La Vie latine de saint Goulven. Nouvelle édition », dans  G. Buron, H. Bihan et B. Merdrignac [dir.], A travers les îles celtiques. Mélanges à la mémoire de Gwenaël Le Duc, Rennes, 2008 (Britannia monastica, 12), p. 173-184.
[11] Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 2, Nantes, 1779, p. 146.
[12] Albert Le Grand, les Vies des saints de la Bretagne armorique, 4e édition par Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet, Brest-Paris, 1837, p. 663 (en note).
[13] M. Gendry, « Les minihis en Bretagne… »,  p. 26.
[14] Il faut sans doute également envisager la possibilité de confusions ponctuelles avec le mot breton pen(n)ti, bien connu même des non-bretonnants, qui désigne ce qu’on appelle en français un « appentis », c’est-à-dire l’annexe d’un bâtiment plus important.
[15] Outre Loctudy et Plovan, R. Largillière, « Pénity », p. 28-29, mentionne Briec, la Forêt-Fouesnant, Goulven, Gouesnou, Kerlouan, Landévennec, Penmarc’h, Ploaré et Quimper, dans le département du Finistère ; Bourbriac, Carnoët, Coatascorn, Kerien, Landeleau (avec la présence de deux peniti) et Minihy-Tréguier, dans le département des Côtes-d’Armor ; Persquen, dans le département du Morbihan. F. Gourvil, « Ty, ‘’maison’’ dans la toponymie bretonne. Addendum », Ogam. Tradition celtique, t. 7 (1955), n°3,  p. 226, ajoute Runan, dans le département des Côtes-d’Armor, et Gourin, dans le département du Morbihan.
[16] Grégoire de Rostrenen, Dictionnaire françois-celtique ou françois-breton, Rennes, 1732, p. 710.
[17] Ancienneté qui peut cependant être abaissée jusqu’au XIIIe siècle dans le cas de chapalendi : Francis Gourvil, « Le mot ty, ‘’maison’’ en juxtaposition dans la toponymie bretonne », Ogam. Tradition celtique, t. 7 (1955), n° 2, p. 154.
[18] G. de Rostrenen, Dictionnaire françois-celtique…, p. 837, signale l’emploi de ce terme dans le dialecte de Saint-Brieuc avec le sens de « sacristie ».
[19] René-François Le Men et Emile Ernault (éd.), « Cartulaire de Landévennec » (préface par Henri d’Arbois de Jubainville), Mélanges historiques, t. 5, Paris, 1886 (Collection de documents inédits sur l’histoire de France), p. 563.
[20] J. Loth, Les mots latins dans les langues britonniques, p. 194.
[21] Harold G. Leask, Irish Churches and Monastic Buildings, t. 3, Dundalk, 1955, p. 6.
[22] George Petrie, The ecclesiastical architecture of Ireland, anterior to the Anglo-Norman invasion ; comprising an essay on the origin and uses of the round towers of Ireland, 2e édition, Dublin, 1845, p. 120-121.
[23] W.J. Rees (éd.), The Liber Landavensis. Llyfr Teilo, Llandovery, 1840, p. 69.
[24] Valéry Raydon et Claude Sterck, « Saint Goëznou et la fourche du Dagda », A.-Y. Bourgès et V. Raydon (éd.), Hagiographie bretonne et mythologie celtique, Marseille, 2016 (Au cœur des mythes, 4), p. 109-110.
[25] V. Raydon et C. Sterck, « Saint Goëznou et la fourche du Dagda », p. 124-128.
[26] Ibidem, p. 97-104.
[27] Ibid., p. 148. Dans leur excellente étude V. Raydon et C. Sterckx ont omis de signaler l’hagiographie de saint Loubette qu’il serait intéressant d’examiner à la lumière de leurs analyses.
[28] Voir à ce sujet la mise au point de Pierre-Yves Lambert, « Topopegia – Tibidy », A travers les îles celtiques. Mélanges Le Duc, p. 327-333.
[29] Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie. Diocèse de Quimper et de Léon, 13e année (1913), p. 204.
[30] Albert Le Grand, les Vies des saints… édition Miorcec de Kerdanet, p. 371 (en note).
[31] J. Dubois, « Grandmontains et chartreux, ordres nouveaux du XIIe siècle », Geneviève Durand et Jean Nougaret, L'ordre de Grandmont : art et histoire. Actes des journées d'études de Montpellier, 7 et 8 octobre 1989,  Montpellier (1992), p. 4.
[32] E. Viollet-Le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. 6, Paris, 1863, p. 45.
[33] J. Dubois, « L'institution des convers au XIIe  siècle, forme de vie monastique propre aux laïcs », Histoire monastique en France au XIIe siècle. Les institutions monastiques et leur évolution, Londres, 1982 (Variorum collected studies serie, 161), p. 197.
[34] Outre Manaty à Louargat et le Manac’hty à Plufur, on trouve Manacty à Plougras, le Manaty à Canihuel et Manaty à Pleudaniel, dans le département des Côtes-d’Armor ; Manac’hty à Gouézec et Manéty à Querrien, dans le département du Finistère ; Manéty à Guiscriff, Ménaty à Plescop et à Ploeren, dans le département du Morbihan (liste non exhaustive).
[35] Outre le Désert à Goulven et Nezerdy à Plouyé, on trouve le Nézard à Concarneau,  le Désert à Coray, Nézers à Guerlesquin, le Nézert à Loqueffret et Nézard à Rosnoën, dans le département du Finistère ; Le Désert à Calorguen, le Nézert à Duault, le Désert à La Landec et à Loudéac, et le Nézert à Trébrivan, dans le département des Côtes-d’Armor ; le Désert à Bignan, Nézarh à Bubry et Inguiniel, le Désert à Landévant et à Mauron, Nézerch à Plouay, Nézart à Quistinic, le Désert à Saint-Gravé et à Tréal, dans le département du Morbihan (liste non exhaustive).
[36] A.-Y. Bourgès, « Robert d'Arbrissel, Raoul de la Fûtaie et Robert de *Locunan : la trinité érémitique bretonne de la fin du 11e siècle », Britannia monastica, n°10 (2006), p. 9-19 ; idem, « De Loconan à Locronan : l'ermite Robert ou le profil de l'hagiographe », Hagio-historiographie médiévale (avril 2016), en ligne : http://www.academia.edu/24765629.
[37] R. Largillière, « Une paroisse disparue en Cornouaille », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 51 (1924), p. xii-xiv.
[38] G. Jarousseau, « L’ermite Gerfred, missus monasticus, et l’introduction de la réforme monastique carolingienne en Bretagne »,  Britannia Monastica, n°16 (2012), p. 187-214
[39] B. Tanguy, « Autour de l'adoption de la règle bénédictine par l'abbaye de Redon », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 118 (1989), p. 147.
[40] Voir supra n. 35.
[41] François Falc’hun, « Les toponymes hybrides mi-celtiques et mi-romans en France »,  Gérard Taverdet (éd.), L'Onomastique, témoin de l'activité humaine: colloque du Creusot du 30 mai au 2 juin 1984, Association bourguignonne de dialectologie et d'onomastique, Dijon, 1984, p. 125-126.
[42] Christine Delaplace, « Ermites et ascètes à la fin de l'Antiquité et leur fonction dans la société rurale. L'exemple de la Gaule », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, t. 104 (1992), n°2, p. 981 – 1024.
[43] B. Tanguy, « Autour de l'adoption… », p. 149.
[44] A.-Y. Bourgès, « Grégoire de Tours et les reclus de l’Ouest », Hagio-historiographie médiévale (décembre 2008), en ligne : http://www.academia.edu/6617268.
[45] Jules Geslin de Bourgogne et Anatole de Barthélemy, Anciens évêchés de Bretagne. Diocèse de Saint-Brieuc,  t. 4, Paris-Saint-Brieuc, 1864, p. 46.
[46] Albert Le Grand, les Vies des saints… édition Miorcec de Kerdanet, p. 417.
[47] R. Largillière, « Pénity », p.  30, n. 2.